Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 23:27

 

Quelles perspectives pour une friche industrielle rurale ?

Julien Merlaud, novembre-décembre 2010

 

 

 

L'usine Atlas fût liquidée par le Tribunal de Commerce de Nantes le 16 septembre 2006 envoyant les 45 derniers salariés grossir les statistiques du chômage. Le site de 8 hectares a pourtant vu plus de 700 salariés s'activer à la réalisation d'une grande variété de produits plastiques pendant 50 ans. Avec le premier choc pétrolier de 1973 et l'arrivée de nouveaux matériaux et concurrents, l'activité s'est peu à peu réduite au gré des changements de propriétaires jusqu'à la fermeture.

 

Subsiste un vaste site industriel éteint en plein coeur d'une commune rurale. Quel avenir se dessine pour cette friche loin des centres économiques et culturels de l'agglomération nantaise, des axes routiers structurants de l'Ouest ?

 

C'est à cette question que nous tenterons de répondre avec l'actuel maire d'Issé, Michel Boisseau, un ingénieur de l'ADEME (Agence de l'Environnement et de Maîtrise de l'Energie) et autres témoignages d'anciens salariés, d'un historien. De l'intérêt patrimonial des bâtiments aux perspectives de reconversion économique, une multitude d'obstacles semblent se dresser quant à une réhabilitation du site Atlas.

 

 

SOMMAIRE

 

I. Avant-propos.

II. Entrée dans la zone endormie.

III. Alliée puis adversaire : l'eau entoure les lieux.

IV. Loin des friches nantaises.

V. Des perspectives.

VI. Un risque environnemental.

VII. Aujourd'hui.

VIII. Contexte-Localisation.

IX. Un site industriel ancien.

X. Un bref historique de la fermeture d'Atlas.

XI. Documents annexes.

 

 

I. Avant-propos

 

 

 

Avant la fermeture du site en 2006, la gigantesque usine de la bourgade paraissait déjà anachronique et comme étrangère dans cet environnement rural. Le nom même de l'entreprise, Atlas, renforçait cette idée d'étrangeté, un élément presque exotique du paysage. Avec un peu d'imagination, la battisse principale dominant l'entrée de la commune ressemblerait presque à un palais fortifié avec ses créneaux blancs ceinturant l'édifice. Si cette usine fit la fierté et la prospérité de la ville pendant plus de cent ans, c'est aujourd'hui un poids mort, comme une tumeur pour la commune. Et nombreux sont ceux qui voudraient voir s'effacer ces vestiges d'une époque révolue. Tourner la page, voir le paysage s'ouvrir à nouveau.

 

Dans la mythologie grecque, Atlas, est un Titan condamné à porter les cieux jusqu'à la fin des temps. Faut-il y voir le signe que rien ne bougera plus dans le coeur d'Issé ? Que son encombrant locataire est condamné à l'immobilisme ?

 

 

II. Entrée dans la zone endormie.

 

 

Pénétrer les lieux évoquent les environs désertés de Tchernobyl où l'on peine à s'imaginer l'activité passée, car le temps s'est figé. Des caisses éventrées laissent entrevoir des moteurs n'ayant jamais actionné aucune presse. Le froid glacial de cette matinée de novembre amplifient probablement ce sentiment. Du haut du plus ancien bâtiment, une grande plate-forme gelée, improbable patinoire, donne un meilleur aperçu sur l'usine et le bourg. Le clocher est à une centaine de mètres seulement. Et comme, de ce belvédère, on ne voit ni la place de l'Eglise, ni le bar-tabac et autres commerces animant le centre-bourg, Issé semble également endormie au contact du géant. Comme victime de ce sortilège qui vit Persée transformer Atlas en pierre.

 

 

L'église d'Issé à 100 mètres de l'usine.

 

 

 

III. Alliée puis adversaire : l'eau entoure les lieux.

 

Un rapide tour des lieux laisse entrevoir l'ampleur du défi lancé à la commune. Plus de huit hectares de terrains dont 32 milles mètres carrés couverts, de hangars à armatures métalliques principalement, s'étalent sur une île semi-artificielle, cernées par le Don au Nord et l'Hery au Sud. L'eau conditionna ici l'arrivée de la révolution industrielle : la force hydraulique et les besoins de refroidir les installations firent de ce terrain un formidable moteur de l'économie locale. Aujourd'hui l'eau est paradoxalement devenu une des premières contraintes du site. Impossible d'urbaniser en zone inondable. Même si dans les faits, la gestion des barrages en amont permet de réduire considérablement ce risque, ce n'est pas une zone constructible.

 

 

Le Don ceinture le Nord de l'usine, ici le long du bâtiment Découpe et Formage.

 

IV. Loin des friches nantaises.

 

On ne réhabilitera pas les lieux en lofts haut de gammes pour néo-ruraux ou en espace de tourisme culturel type « Machine de l'Ile » ! La grande majorité des locaux ne s'y prêteraient d'ailleurs pas. Le bâti comme nous l'avons vu se résume essentiellement en des hangars à structures métalliques tenants des murs en aggloméré coiffés de fibrociment. Une énorme quantité d'amiante recouvre donc le site. Les promoteurs immobiliers ne se bousculent alors évidemment pas pour investir la friche.

 

 

Des bâtiments d'un intérêt patrimonial limité.

 

 

 

Michel Boisseau, maire d'Issé, suit le dossier Atlas depuis son élection en 2008.

 

 

Michel Boisseau, maire d'Issé et guide pour la visite des lieux reconnaît qu'un autre terrain viabilisé pour accueillir un nouveau lotissement ne se remplit pas aussi vite qu'attendu. On ne manque pas d'espace à Issé et peu de nouveaux habitants s'installent. La plupart des maison neuves sont construites par des natifs de la commune travaillant dans les environs. Rares sont encore les exilés de l'agglomération nantaise à choisir Issé, même si une petite révolution est en marche avec l'ouverture du tram-train programmée en 2012-2013. Ainsi, une navette ferroviaire reliera plusieurs fois par jour Châteaubriant et Nantes desservant la gare d'Issé. Le maire est sceptique quant aux retombées économiques directes pour sa commune, à priori cette desserte n'attirera pas de nouvelles entreprises. Mais il accueille déjà des familles fuyant les tarifs dissuasifs du foncier nantais. Deux ménages se sont récemment installés dans cette optique : travailler sur Nantes grâce au tram-train tout en profitant du charme apaisé de la campagne. Le Castelbriantais devenant la grande banlieue de la Métropole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V. Des perspectives.

 

Vu du ciel, on devine aisément le potentiel d'un tel lieu. Des arbres, un plan d'eau, une promenade ponctuée de bancs ombragés et quelques étapes d'un parcours de santé. Cinq ou six tables de pique-nique, un terrain de jeu pour les enfants et tout le monde serait probablement ravi. Des résidents de la maison de retraites toute proche aux écoliers se rendant aux installations sportives situées de l'autre côté de l'île plus au Sud, quelle joie d'embrasser cette verdure !

 

La réalité nous rattrape aux côtés de Michel Boisseau. S'il n'exclue pas d'évoquer ce type de projet, c'est d'abord les contraintes administratives et budgétaires qui commandent. Le site n'appartient pas à sa municipalité, ni même au département, mais à un liquidateur judiciaire nantais. Celui-ci souhaite évidemment vendre le site pour compenser les dettes que la dernière vente aux enchères de matériel est loin d'avoir solder. Vendre ? Mais à qui ? Quelle industrie voudrait aujourd'hui s'installer dans cette zone essoufflée du département ?

 

Si le pays de Châteaubriant peut paraître central dans l'Ouest, l'appellation historique de pays de la Mée ne signifie-t-elle pas « Pays du Milieu » en gallo ; c'est sans doute la région la moins dynamique de Loire-Atlantique. Eloignée des axes routiers structurants, les vastes hangars n'intéressent même pas d'éventuels entrepreneurs pour du simple stockage comme ce pourrait être le cas à Derval le long de l'axe Nantes-Rennes. L'issue la plus probable semble la démolition.

 

 

Le Pays de Châteaubriant dans l'Ouest : central mais enclavé. Affiche promotionnelle en mairie d'Issé.

 

 

 

 

 

 

Une ferme photo-voltaïque ?

 

Au printemps dernier, le député Michel Hunault a organisé une réunion d'information avec les différents maires de l'arrondissement sur l'implantation de fermes photo-voltaïques. Michel Boisseau y a entrevu un espoir pour maintenir une activité économique sur le site. 3 hectares de surface couvertes semblent tout indiqué. Après examen plus approfondi et plusieurs prises de contacts avec des entreprises du secteur, le projet n'a guère avancé. Sans doute l'ampleur des travaux préalables repousse-t-elle de futurs investisseurs. Il faudrait désamianter, sécuriser le site. En un mot des travaux considérables qui annuleraient les potentiels bénéfices. Le site du marché aux bestiaux, le foirail, de Châteaubriant aura plus facilement cette opportunité. Au delà du coup de communication pour les édiles, le foirail a l'avantage d'appartenir à la municipalité, ce qui simplifiera grandement les démarches.

 

Car sur la propriété de la friche Atlas, quelques doutes semblent encore persister. Pour Michel Boisseau le liquidateur judiciaire est le responsable. Toutefois, un entretien téléphonique avec Christian Bouvet, historien travaillant sur les années antérieures à Atlas laisse apercevoir un certain imbroglio de responsabilités. Il affirme avoir eu les plus grandes difficultés pour accéder aux documents relatifs au 40 dernières années et de ce fait limite ses recherches aux époques antérieures. Je n'ai, par manque de temps, pu entrer en contact avec Maître Dollay, l'administrateur judiciaire.

Socialiser les pertes.

 

Michel Boisseau regrette que les entreprises n'assument pas leur responsabilités si ce n'est quant à la réhabilitation du site, quant à la dépollution tout du moins. Car c'est là un autre problème qui surgît au lendemain de la fermeture de l'usine en 2006. Outre les 45 derniers ouvriers pointant à l'ANPE, la commune s'est trouvé face à un vaste espace dangereux qui cache probablement encore quelques secrets (enfouis ?).

 

 

Différentes cuves demeurent sur le site.

 

 

VI. Un risque environnemental.

 

Ainsi, un hangar plus particulièrement stockaient des bidons de produits dangereux, bâtiment plus ou moins étanche. « On pouvait y entrer mais on ne restait pas plus de cinq minutes, c'était insoutenable ! »affirme le maire. La prédécesseur de Michel Boisseau à la tête de la commune, Marcelle Durand, alerta les services préfectoraux sur les risques sérieux d'incendies. Le préfet enjoignit alors à la mairie de sécuriser les lieux. Des cadenas furent posés mais l'étendue du terrain empêche d'en garantir l'intégrité. La commune n'aurait pu s'offrir les services d'une société de gardiennage. Le grillage fût coupé en plusieurs endroits et de nombreux « pillards » vinrent se servir. Bobines de cuivres, câbles électriques, on vit même d'audacieux cambrioleurs emporter des moteurs entiers sur des barques via la rivière. Certains n'hésitèrent pas à utiliser des chalumeaux pour hâter leur glanage.

 

 

 

 

Le diagnostic-pollution.

 

Le préfet finit par mandater la D.R.I.R.E. (La Direction Régionale Industrie Recherche Environnement) et l'ADEME (Agence de l'Environnement et de Maîtrise de l'Energie) pour établir un bilan des substances restantes dans les locaux. Une étude menée en 2007-2008 conclut à la présence de plus de 250 tonnes de produits dangereux et près de 500 tonnes de papiers, plastiques et autres matériaux facilement inflammables. L'ADEME décrocha alors un financement de l'Etat pour vider l'usine à l'été 2009. Pour un montant proche de 500 000 euros, 800 tonnes furent évacuées et recyclées. Quant on compare cette somme au 3 millions d'euros de budget moyen de la commune, on mesure l'impuissance d'une petite commune face à de telles friches. Le propriétaire s'étant pour ainsi dire volatiliser avec la faillite de l'usine, la puissance publique n'a d'autres choix que de prendre le relais.

 

L'Etat n'agit pas automatiquement dans ces dossiers, Michel Boisseau affirme avoir dû relancer constamment l'ADEME pour que reprenne le diagnostic-pollution, préalable à tout projet sur le site. Depuis le printemps 2010, le dossier est enfin au Ministère de l'Ecologie et le diagnostic débute. Lors de notre visite de l'usine, nous avons ainsi pu rencontrer deux ingénieurs de l'Agence.

 

Alexis Lunel, Chef de projet Sites et Sols Pollués

 

 

Joint par téléphone, Alexis Lunel détaille les procédures récemment entamées sur le site Atlas. L'ADEME est chargée par le Ministère de l'Environnement d'élaborer un cahier des charges quant au diagnostic-pollution qui sera sous-traité à une entreprise spécialisée.

On s'intéressera à l'état des sols et des eaux par une étude hydrogéologique et notamment aux risques de migrations de substances vers la nappe phréatique via différents piézomètres. Si une source de pollution est découverte, le prestataire devra alors évaluer si celle-ci s'étend au delà du site. On analysera les sédiments environnants, les eaux de rivière ainsi que les puits locaux.

 

Parallèlement, une étude géophysique cherchera à déterminer la présence de déchets enfouis. Pour Robert Couchourel, ancien ingénieur d'Atlas, l'entreprise aurait d'avantage évacué des déchets dans les carrières voisines que sur le champ attenant à l'usine. Pourtant l'existence de remblaiements laisse penser que la terre aurait été retournée en plusieurs endroits.

 

 

D'après les premières études, le principal risque proviendrait de déchets chlorés. Des phtalates utilisés pour assouplir les plastiques étaient également largement utilisés dans les différents processus de fabrication d'Atlas ainsi que des hydrocarbures. Les différentes études sont programmées pour durer jusqu'en 2013, date avant laquelle rien ne pourra être entrepris sur le site.

 

Le Ministère de l'Environnement (Développement Durable à l'heure où j'écris ces lignes) prend en charge le coût des opérations. Alexis Lunel n'a pu me communiquer les évaluations en raison de l'appel d'offre en cours.

 

L'ADEME cherchera toutefois à récupérer les sommes engagées et si l'actuel propriétaire, le liquidateur judiciaire se déclare non-solvable, la vente du terrain pourrait couvrir tout ou partie des frais. Mais qui pourrait s'intéresser à ce site non-constructible ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VII. Aujourd'hui.

 

 

Le diagnostic-pollution gèle tout projet de démolition même partielle, ce qui est à terme la solution souhaitée par Michel Boisseau et la majorité des riverains rencontrés. Mis à part peut-être le bâtiment des années 1910 présenté en première page, témoin d'un siècle d'activité industrielle et possédant un « cachet » relatif, les quatre-vingt pour cent du bâti restant sont voués à disparaître. Les riverains du centre-bourg pourraient profiter d'une vue moins triste que le gris du béton et des toits ondulés. Pourtant le coût de telles opérations sera probablement considérable. De là à espérer rendre aux terrains un aspect plus naturel, c'est un chantier « titanesque » pour continuer ce mauvais jeu de mot sur l'Atlas de la mythologie grecque.

 

 

Quelques visiteurs.

 

 

Depuis sa fermeture, même si cela reste anecdotique, le site a toutefois connu une certaine animation. Outre les « recycleurs » de matériaux en tout genre appréciant apparemment la friche, quelques amateurs de rollers et autres graffeurs ont parfois investit les lieux de manière informelle.

 

 

Deux approches du graff'.

 

 

 

 

 

D'anciens salariés ont également organisé des visites à plusieurs reprises.

 

 

 

 

 

 

Des Manoeuvres du SDIS

 

 

Les pompiers du SDIS (Services Départemental d'Incendie et de Secours) et du GRIMP (Groupe d'Intervention en Milieux Périlleux) profitent occasionnellement des locaux. La dernière semaine de novembre a vu une manoeuvre nationale prendre place à Atlas.

 

Manoeuvre d'évacuation de victime par le GRIMP.24/11/2010. crédits Gille Peuzé pour l'Eclaireur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un exemple original de réhabilitation en Loire-Atlantique : le site du Transformateur.

 

Issé est sans doute loin des priorités du Conseil Général qui s'est pourtant déjà investit dans un projet de réhabilitation de friche industrielle. La Loire-Atlantique s'est en effet portée acquéreur du quartier de la Digue à St Nicolas de Redon. Le projet du Transformateur est aujourd'hui un espace d'expérimentation où une certaine activité socio-culturelle voit le jour.

 

Le site le la friche du Transformateur annonce ainsi :

 

> Atelier pédagogique de l'école d'architecture de Nantes

> Plantation d'une haie champêtre en lisière de la Grande Halle

> Racommodage de la dalle

> Création du jardin potager du Transformateur

> Fabrication de nichoirs à oiseaux

> épluchage festif de châtaignes

> Rangement créatif de la friche

> Restauration de parcelles enfrichées du marais par le pâturage

> Fabrication d'une enseigne de lettres

> Construction d'un ratelier industriel

> Fermeture de la machine à vapeur

> Plessage d'une haie

> Plantation d'un bois dans un hangar

> Transformation d'une maison en terrasse-belvédère

> Construction d'une digue pour limiter la montée des eaux de crue

 

Un projet novateur de cette envergure nécessiterait qu'une ambitieuse dynamique associative se crée à Issé. Evidemment, cela ne se décrète pas. L'Europe réserve des fonds pour ces projets via le programme Leader +.

 

Land Art industriel à St Nicolas de Redon. Crédit: les Amis du Transformateur

 

 

 

VIII. Contexte-Localisation

 

 

 

 

 

Localisation d'Issé en Loire-Atlantique, source : Wikipédia

 

 

Dans le Nord-Ouest de la Loire-Atlantique, à 10 kilomètres de Châteaubriant, Issé fait partie des 19 communes de la Communauté de Communes du Castelbriantais(CCC). Cette dernière détient la compétence économie et doit mettre en place à partir de 2011 le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale). La ville comptait au dernier recensement de 2007, 1815 habitants.

Issé est une commune rurale où 95 pour cent des terres sont encore agricoles, pourtant la vocation industrielle de la ville est ancienne. Au delà d'Atlas une autre industrie plus récente s'est implantée à Issé : la SARVAL, usine d'équarrissage.

 

 

 

Usine SARIA, 2007, crédits : la Mée Socialiste.

 

 

 

 

 

 

IX. Un site industriel ancien.

 

 

Laiterie-beurrerie Jouzel, années 30, collection particulière.

 

 

Origines.

 

Dès le 19ème siècle, une minoterie profite de l'emplacement actuel d'Atlas. En effet, le Don passe au beau milieu du bourg, à cent mètres de l'Eglise. La fabrication de farine bénéficiera donc de la force hydraulique de la rivière. Par la suite, la laiterie-beurrerie Jouzel prend le relais jusqu'en 1922. Le site sera baptisé Atlas avec l'arrivée des tanneries. On aura donc travaillé le cuir avant de se tourner vers le plastique pendant un demi siècle.

 

 

Cinquante ans de plasturgie.

 

 

Synthèse d'un entretien téléphonique avec Robert Couchourel, ancien ingénieur, habitant Issé.

 

Ce n'est qu'au début des années 1950 que la plasturgie fait son apparition avec l'extrusion de PVC pour notamment le gainage de câbles électriques, la fabrication de tuyaux d'arrosage. On fabriquera des films plastiques par laminage, des emballages alimentaires, etc. Pour l'essentiel, ce sont des produits semi-finis qui sont élaborés par l'entreprise, à destination d'autres industries.

 

Le groupe possédant l'usine Atlas était alors pionnier dans le domaine du PVC, sa technologie permit notamment l'essor d'usine de chaussures du Choletais voisin. Eram fût ainsi longtemps approvisionné en semelles en provenance d'Issé. Quo-Vadis basé à Nantes recevait également du plastique pour ses agendas.

 

De la maroquinerie à l'automobile en passant par l'ameublement, une grande quantité d'industries faisaient alors appel au savoir-faire d'Atlas.

 

 

Echantillon de toile plastifiée produite à Issé.

 

Jusque dans les années 80, les faibles salaires distribués en campagne furent un certain avantage comparatif pour l'entreprise, alors que de nouveaux concurrents émergeaient. De plus, les rejets de vapeurs et autres nuisances olfactives liées aux processus de fabrication rencontraient une moins forte opposition que dans les grandes agglomérations.

 

Des matériaux très spécifiques comme la toile pour des bateaux pneumatiques Zodiac®, ou des radeaux de survie étaient produit dans les années 80-90. Pourtant, la concurrence avec d'autres industries françaises et européennes ainsi que les transferts de technologie vers les pays du Sud entamèrent la compétitivité d'Atlas. Les Allemands inventeurs du fameux Skaï®  portèrent un coup sérieux aux marchés du groupe.

Par ailleurs au gré des fluctuations des prix du pétrole, élément de base de la plasturgie, et des effets de mode, des produits en cuir en provenance d'Amérique latine par exemple (type chaussures) devinrent plus attractifs que les productions locales.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

X. Un bref historique de la fermeture d'Atlas.

Sur le site de la Mée Socialiste. Châteaubriant.

 

(écrit le 4 août 2002)

ATLAS : 6 mois

 

La société de plastiques « Atlas » à Issé connaît aussi des difficultés puisqu’elle a été mise en redressement judiciaire le 24 juillet 2002, avec une période d’observation de 6 mois. L’année 2001 a été difficile avec une chute du chiffre d’affaires de quelque 40 % surtout après les attentats du 11 septembre aux USA (la société exporte notamment dans ce pays). Le début de l’année 2002 n’a pas répondu aux espoirs de reprise.

 

Dans l’immédiat il n’y a pas de perspective de licenciement, mais si le second semestre de 2002 n’est pas meilleur, il y aura des craintes sérieuses à avoir. « Nos perspectives pour 2003 sont bien meilleures » a cependant déclaré le directeur Jean-Yves Brochec à Ouest France.

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Ecrit le 6 août 2003 :

 

« La France ne connaît pas de désindustrialisation,

mais une modernisation de son industrie »,

estime dans une plaquette destinée au grand public, publiée mi-juillet,

le ministre délégué à l’industrie.

Qu’en termes choisis ces choses-là sont dites !

 

On nous dit que c’est la vieille industrie locale qui s’efface. Les salariés du territoire de la Communauté de Communes du Castelbriantais sont bien (mal !) placés pour le savoir.

ATLAS

 

L’usine Atlas à Issé, qui est en redressement judiciaire depuis le 24 juillet 2002, est sous la menace d’une liquidation, d’ici 4 mois, si le repreneur, qui s’est fait connaître à la dernière minute, n’est pas agréé par le Tribunal de Commerce. S’il est agréé, il ne gardera que 65 salariés sur les 88 personnes actuelles en poste (102 il y a un an et plus de 600 dans le passé). Situation bien sombre.

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Ecrit le 1er octobre 2003

 

ATLAS Issé

 

Les lettres de licenciement sont tombées le 24 septembre 2003 : 3 départs par « mesure d’âge » (sorte de pré-retraite) et 21 licenciements secs. Toute la région est touchée, Issé, Abbaretz, Châteaubriant, etc.

 

Il reste 66 salariés dans l’entreprise où règne une forte tension. Les salariés se demandent où va l’entreprise. Le stress, l’inquiétude, les rendent malades (comme chez Focast d’ailleurs).

 

Après deux sessions de redressement judiciaire, l’entreprise bénéficie d’une troisième session jusqu’au 24 novembre 2003. Il ne reste donc que peu de temps pour trouver un repreneur. Un appel à repreneur est paru dans Les Echos le 19 septembre. L’entreprise intéressée a jusqu’au 20 octobre pour se faire connaître.

 

Espérons encore ...

Après le retour des vacances, ATLAS note un frémissement dans ses commandes mais sait que ses fabrications de maroquinerie et vêtements se heurtent à la concurrence internationale.

 

Rappelons qu’en 1974 il y avait 608 salariés à l’usine Atlas à Issé. Il n’y en avait plus que 529 en 1975, puis 466 au début de 1977. Il y a eu alors 71 licenciements qui devaient être les derniers, promis juré. Mais en mai 1978, on parlait de 211 licenciements ! La dégringolade. A l’époque, le député Xavier Hunault était fort silencieux. A notre époque le député Michel Hunault est fort silencieux, lui qui, pourtant, aime bien faire des communiqués de presse. Mais peut-être ne s’intéresse-t-il pas à la situation sociale ....

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Ecrit le 19 novembre 2003 :

ATLAS : Deux mois encore

 

Le Tribunal de Commerce de Nantes s’est prononcé le 12 novembre 2003 au sujet de l’avenir de l’entreprise ATLAS à Issé. Compte tenu du chiffre d’affaires positif du mois d’octobre, et compte-tenu de deux lettres d’intention d’éventuels repreneurs, la période de redressement judiciaire est prolongée jusqu’au 24 janvier 2004.

 

Il reste 66 salariés dans cette entreprise, qui, dans le passé, en a compté 600.

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Ecrit le 28 janvier 2004 :

 

Atlas Issé : la période de redressement judiciaire est prolongée jusqu’au 18 février 2004. Un repreneur sérieux se serait manifesté. La charge de travail est convenable ces derniers mois.

 

 

Ecrit le 3 mars 2004 :

 

ATLAS-Issé a trouvé un repreneur

 

Bonne nouvelle pour l’usine Atlas à Issé : un repreneur a été trouvé en la personne de M. Jean-Pierre Dubois à qui les salariés, d’emblée, font confiance puisqu’il est comptable de formation et ancien client industriel de l’entreprise Atlas. Malheureusement le plan de reprise s’accompagne de huit licenciements, s’ajoutant aux 24 licenciements de septembre 2003. Il ne reste plus que 57 salariés là où l’entreprise en a connu, dans le passé, (juillet 1974), plus de 600.

 

La nouvelle direction a rencontré les salariés pour présenter son plan de reprise.

 

 

Ecrit le 5 octobre 2005 :

Atlas-Issé : encore

 

L’entreprise Atlas, à Issé, qui a été reprise en février 2004, avec 57 salariés (sur les 65 restants) est à nouveau en redressement judiciaire depuis le 28 septembre 2005. Elle a été très affectée par l’incendie de la chaudière alimentant l’usine (8 octobre 2004), par le ralentissement du marché automobile, et par la hausse du baril de pétrole qui se répercute sur le coût des plastiques.

 

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Ecrit le 7 décembre 2005 :

ATLAS- Issé encore 17 ?

 

Selon Ouest-France du 1er décembre, l’entreprise Atlas-Innovation (plasturgie) qui a déjà connu 23 licenciements en septembre 2003 et a fait l’objet d’une reprise, en mars 2004, qui est en redressement judiciaire depuis le 28 septembre 2005 a présenté un plan de licenciement de 17 salariés sur les 63 actuels.

 

Rappelons qu’en 1974 il y avait 608 salariés à l’usine Atlas à Issé.

 

Il n’y en avait plus que 529 en 1975, puis 466 au début de 1977. Il y a eu alors 71 licenciements qui devaient être les derniers, promis juré. Mais en mai 1978, on parlait de 211 licenciements ! La dégringolade s’est poursuivie. Maintenant 63 - 17 ?

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Ecrit le 13 septembre 2006

La fin : 45 licenciés

 

L’entreprise ATLAS (à Issé), après une longue agonie, a été liquidée par le Tribunal de Commerce le 6 septembre 2006. Malgré ses efforts de recherche et de développement, malgré le sérieux de ses salariés, l’entreprise a été victime de sa vétusté, de la hausse des prix du pétrole et d’une certaine crise dans l’automobile. Les 45 derniers salariés vont grossir les rangs des chômeurs. En 1974 l’entreprise comptait encore 608 salariés.

 

 

 

 

 

 

 

 

XI. Documents annexes

 

 

Vue aérienne de la commune d'Issé. La ceinture boisée entoure le site d'Atlas. Crédit : IGN

 

 

 

Issé dans les années 50. Le cercle localise la gare. source collection particulière.

 

Toutes les photographies qui ne sont pas créditées ont été réalisé par mes soins le 29 novembre 2010 sur la commune d'Issé.

 

I. Avant-propos

 

 

 

Avant la fermeture du site en 2006, la gigantesque usine de la bourgade paraissait déjà anachronique et comme étrangère dans cet environnement rural. Le nom même de l'entreprise, Atlas, renforçait cette idée d'étrangeté, un élément presque exotique du paysage. Avec un peu d'imagination, la battisse principale dominant l'entrée de la commune ressemblerait presque à un palais fortifié avec ses créneaux blancs ceinturant l'édifice. Si cette usine fit la fierté et la prospérité de la ville pendant plus de cent ans, c'est aujourd'hui un poids mort, comme une tumeur pour la commune. Et nombreux sont ceux qui voudraient voir s'effacer ces vestiges d'une époque révolue. Tourner la page, voir le paysage s'ouvrir à nouveau.

 

Dans la mythologie grecque, Atlas, est un Titan condamné à porter les cieux jusqu'à la fin des temps. Faut-il y voir le signe que rien ne bougera plus dans le coeur d'Issé ? Que son encombrant locataire est condamné à l'immobilisme ?

 

 

II. Entrée dans la zone endormie.

 

 

Pénétrer les lieux évoquent les environs désertés de Tchernobyl où l'on peine à s'imaginer l'activité passée, car le temps s'est figé. Des caisses éventrées laissent entrevoir des moteurs n'ayant jamais actionné aucune presse. Le froid glacial de cette matinée de novembre amplifient probablement ce sentiment. Du haut du plus ancien bâtiment, une grande plate-forme gelée, improbable patinoire, donne un meilleur aperçu sur l'usine et le bourg. Le clocher est à une centaine de mètres seulement. Et comme, de ce belvédère, on ne voit ni la place de l'Eglise, ni le bar-tabac et autres commerces animant le centre-bourg, Issé semble également endormie au contact du géant. Comme victime de ce sortilège qui vit Persée transformer Atlas en pierre.

 

 

L'église d'Issé à 100 mètres de l'usine.

 

 

 

III. Alliée puis adversaire : l'eau entoure les lieux.

 

Un rapide tour des lieux laisse entrevoir l'ampleur du défi lancé à la commune. Plus de huit hectares de terrains dont 32 milles mètres carrés couverts, de hangars à armatures métalliques principalement, s'étalent sur une île semi-artificielle, cernées par le Don au Nord et l'Hery au Sud. L'eau conditionna ici l'arrivée de la révolution industrielle : la force hydraulique et les besoins de refroidir les installations firent de ce terrain un formidable moteur de l'économie locale. Aujourd'hui l'eau est paradoxalement devenu une des premières contraintes du site. Impossible d'urbaniser en zone inondable. Même si dans les faits, la gestion des barrages en amont permet de réduire considérablement ce risque, ce n'est pas une zone constructible.

 

 

Le Don ceinture le Nord de l'usine, ici le long du bâtiment Découpe et Formage.

 

IV. Loin des friches nantaises.

 

On ne réhabilitera pas les lieux en lofts haut de gammes pour néo-ruraux ou en espace de tourisme culturel type « Machine de l'Ile » ! La grande majorité des locaux ne s'y prêteraient d'ailleurs pas. Le bâti comme nous l'avons vu se résume essentiellement en des hangars à structures métalliques tenants des murs en aggloméré coiffés de fibrociment. Une énorme quantité d'amiante recouvre donc le site. Les promoteurs immobiliers ne se bousculent alors évidemment pas pour investir la friche.

 

 

Des bâtiments d'un intérêt patrimonial limité.

 

 

 

Michel Boisseau, maire d'Issé, suit le dossier Atlas depuis son élection en 2008.

 

 

Michel Boisseau, maire d'Issé et guide pour la visite des lieux reconnaît qu'un autre terrain viabilisé pour accueillir un nouveau lotissement ne se remplit pas aussi vite qu'attendu. On ne manque pas d'espace à Issé et peu de nouveaux habitants s'installent. La plupart des maison neuves sont construites par des natifs de la commune travaillant dans les environs. Rares sont encore les exilés de l'agglomération nantaise à choisir Issé, même si une petite révolution est en marche avec l'ouverture du tram-train programmée en 2012-2013. Ainsi, une navette ferroviaire reliera plusieurs fois par jour Châteaubriant et Nantes desservant la gare d'Issé. Le maire est sceptique quant aux retombées économiques directes pour sa commune, à priori cette desserte n'attirera pas de nouvelles entreprises. Mais il accueille déjà des familles fuyant les tarifs dissuasifs du foncier nantais. Deux ménages se sont récemment installés dans cette optique : travailler sur Nantes grâce au tram-train tout en profitant du charme apaisé de la campagne. Le Castelbriantais devenant la grande banlieue de la Métropole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V. Des perspectives.

 

Vu du ciel, on devine aisément le potentiel d'un tel lieu. Des arbres, un plan d'eau, une promenade ponctuée de bancs ombragés et quelques étapes d'un parcours de santé. Cinq ou six tables de pique-nique, un terrain de jeu pour les enfants et tout le monde serait probablement ravi. Des résidents de la maison de retraites toute proche aux écoliers se rendant aux installations sportives situées de l'autre côté de l'île plus au Sud, quelle joie d'embrasser cette verdure !

 

La réalité nous rattrape aux côtés de Michel Boisseau. S'il n'exclue pas d'évoquer ce type de projet, c'est d'abord les contraintes administratives et budgétaires qui commandent. Le site n'appartient pas à sa municipalité, ni même au département, mais à un liquidateur judiciaire nantais. Celui-ci souhaite évidemment vendre le site pour compenser les dettes que la dernière vente aux enchères de matériel est loin d'avoir solder. Vendre ? Mais à qui ? Quelle industrie voudrait aujourd'hui s'installer dans cette zone essoufflée du département ?

 

Si le pays de Châteaubriant peut paraître central dans l'Ouest, l'appellation historique de pays de la Mée ne signifie-t-elle pas « Pays du Milieu » en gallo ; c'est sans doute la région la moins dynamique de Loire-Atlantique. Eloignée des axes routiers structurants, les vastes hangars n'intéressent même pas d'éventuels entrepreneurs pour du simple stockage comme ce pourrait être le cas à Derval le long de l'axe Nantes-Rennes. L'issue la plus probable semble la démolition.

 

 

Le Pays de Châteaubriant dans l'Ouest : central mais enclavé. Affiche promotionnelle en mairie d'Issé.

 

 

 

 

 

 

Une ferme photo-voltaïque ?

 

Au printemps dernier, le député Michel Hunault a organisé une réunion d'information avec les différents maires de l'arrondissement sur l'implantation de fermes photo-voltaïques. Michel Boisseau y a entrevu un espoir pour maintenir une activité économique sur le site. 3 hectares de surface couvertes semblent tout indiqué. Après examen plus approfondi et plusieurs prises de contacts avec des entreprises du secteur, le projet n'a guère avancé. Sans doute l'ampleur des travaux préalables repousse-t-elle de futurs investisseurs. Il faudrait désamianter, sécuriser le site. En un mot des travaux considérables qui annuleraient les potentiels bénéfices. Le site du marché aux bestiaux, le foirail, de Châteaubriant aura plus facilement cette opportunité. Au delà du coup de communication pour les édiles, le foirail a l'avantage d'appartenir à la municipalité, ce qui simplifiera grandement les démarches.

 

Car sur la propriété de la friche Atlas, quelques doutes semblent encore persister. Pour Michel Boisseau le liquidateur judiciaire est le responsable. Toutefois, un entretien téléphonique avec Christian Bouvet, historien travaillant sur les années antérieures à Atlas laisse apercevoir un certain imbroglio de responsabilités. Il affirme avoir eu les plus grandes difficultés pour accéder aux documents relatifs au 40 dernières années et de ce fait limite ses recherches aux époques antérieures. Je n'ai, par manque de temps, pu entrer en contact avec Maître Dollay, l'administrateur judiciaire.

Socialiser les pertes.

 

Michel Boisseau regrette que les entreprises n'assument pas leur responsabilités si ce n'est quant à la réhabilitation du site, quant à la dépollution tout du moins. Car c'est là un autre problème qui surgît au lendemain de la fermeture de l'usine en 2006. Outre les 45 derniers ouvriers pointant à l'ANPE, la commune s'est trouvé face à un vaste espace dangereux qui cache probablement encore quelques secrets (enfouis ?).

 

 

Différentes cuves demeurent sur le site.

 

 

VI. Un risque environnemental.

 

Ainsi, un hangar plus particulièrement stockaient des bidons de produits dangereux, bâtiment plus ou moins étanche. « On pouvait y entrer mais on ne restait pas plus de cinq minutes, c'était insoutenable ! »affirme le maire. La prédécesseur de Michel Boisseau à la tête de la commune, Marcelle Durand, alerta les services préfectoraux sur les risques sérieux d'incendies. Le préfet enjoignit alors à la mairie de sécuriser les lieux. Des cadenas furent posés mais l'étendue du terrain empêche d'en garantir l'intégrité. La commune n'aurait pu s'offrir les services d'une société de gardiennage. Le grillage fût coupé en plusieurs endroits et de nombreux « pillards » vinrent se servir. Bobines de cuivres, câbles électriques, on vit même d'audacieux cambrioleurs emporter des moteurs entiers sur des barques via la rivière. Certains n'hésitèrent pas à utiliser des chalumeaux pour hâter leur glanage.

 

 

 

 

Le diagnostic-pollution.

 

Le préfet finit par mandater la D.R.I.R.E. (La Direction Régionale Industrie Recherche Environnement) et l'ADEME (Agence de l'Environnement et de Maîtrise de l'Energie) pour établir un bilan des substances restantes dans les locaux. Une étude menée en 2007-2008 conclut à la présence de plus de 250 tonnes de produits dangereux et près de 500 tonnes de papiers, plastiques et autres matériaux facilement inflammables. L'ADEME décrocha alors un financement de l'Etat pour vider l'usine à l'été 2009. Pour un montant proche de 500 000 euros, 800 tonnes furent évacuées et recyclées. Quant on compare cette somme au 3 millions d'euros de budget moyen de la commune, on mesure l'impuissance d'une petite commune face à de telles friches. Le propriétaire s'étant pour ainsi dire volatiliser avec la faillite de l'usine, la puissance publique n'a d'autres choix que de prendre le relais.

 

L'Etat n'agit pas automatiquement dans ces dossiers, Michel Boisseau affirme avoir dû relancer constamment l'ADEME pour que reprenne le diagnostic-pollution, préalable à tout projet sur le site. Depuis le printemps 2010, le dossier est enfin au Ministère de l'Ecologie et le diagnostic débute. Lors de notre visite de l'usine, nous avons ainsi pu rencontrer deux ingénieurs de l'Agence.

 

Alexis Lunel, Chef de projet Sites et Sols Pollués

 

 

Joint par téléphone, Alexis Lunel détaille les procédures récemment entamées sur le site Atlas. L'ADEME est chargée par le Ministère de l'Environnement d'élaborer un cahier des charges quant au diagnostic-pollution qui sera sous-traité à une entreprise spécialisée.

On s'intéressera à l'état des sols et des eaux par une étude hydrogéologique et notamment aux risques de migrations de substances vers la nappe phréatique via différents piézomètres. Si une source de pollution est découverte, le prestataire devra alors évaluer si celle-ci s'étend au delà du site. On analysera les sédiments environnants, les eaux de rivière ainsi que les puits locaux.

 

Parallèlement, une étude géophysique cherchera à déterminer la présence de déchets enfouis. Pour Robert Couchourel, ancien ingénieur d'Atlas, l'entreprise aurait d'avantage évacué des déchets dans les carrières voisines que sur le champ attenant à l'usine. Pourtant l'existence de remblaiements laisse penser que la terre aurait été retournée en plusieurs endroits.

 

 

D'après les premières études, le principal risque proviendrait de déchets chlorés. Des phtalates utilisés pour assouplir les plastiques étaient également largement utilisés dans les différents processus de fabrication d'Atlas ainsi que des hydrocarbures. Les différentes études sont programmées pour durer jusqu'en 2013, date avant laquelle rien ne pourra être entrepris sur le site.

 

Le Ministère de l'Environnement (Développement Durable à l'heure où j'écris ces lignes) prend en charge le coût des opérations. Alexis Lunel n'a pu me communiquer les évaluations en raison de l'appel d'offre en cours.

 

L'ADEME cherchera toutefois à récupérer les sommes engagées et si l'actuel propriétaire, le liquidateur judiciaire se déclare non-solvable, la vente du terrain pourrait couvrir tout ou partie des frais. Mais qui pourrait s'intéresser à ce site non-constructible ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VII. Aujourd'hui.

 

 

Le diagnostic-pollution gèle tout projet de démolition même partielle, ce qui est à terme la solution souhaitée par Michel Boisseau et la majorité des riverains rencontrés. Mis à part peut-être le bâtiment des années 1910 présenté en première page, témoin d'un siècle d'activité industrielle et possédant un « cachet » relatif, les quatre-vingt pour cent du bâti restant sont voués à disparaître. Les riverains du centre-bourg pourraient profiter d'une vue moins triste que le gris du béton et des toits ondulés. Pourtant le coût de telles opérations sera probablement considérable. De là à espérer rendre aux terrains un aspect plus naturel, c'est un chantier « titanesque » pour continuer ce mauvais jeu de mot sur l'Atlas de la mythologie grecque.

 

 

Quelques visiteurs.

 

 

Depuis sa fermeture, même si cela reste anecdotique, le site a toutefois connu une certaine animation. Outre les « recycleurs » de matériaux en tout genre appréciant apparemment la friche, quelques amateurs de rollers et autres graffeurs ont parfois investit les lieux de manière informelle.

 

 

Deux approches du graff'.

 

 

 

 

 

D'anciens salariés ont également organisé des visites à plusieurs reprises.

 

 

 

 

 

 

Des Manoeuvres du SDIS

 

 

Les pompiers du SDIS (Services Départemental d'Incendie et de Secours) et du GRIMP (Groupe d'Intervention en Milieux Périlleux) profitent occasionnellement des locaux. La dernière semaine de novembre a vu une manoeuvre nationale prendre place à Atlas.

 

Manoeuvre d'évacuation de victime par le GRIMP.24/11/2010. crédits Gille Peuzé pour l'Eclaireur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un exemple original de réhabilitation en Loire-Atlantique : le site du Transformateur.

 

Issé est sans doute loin des priorités du Conseil Général qui s'est pourtant déjà investit dans un projet de réhabilitation de friche industrielle. La Loire-Atlantique s'est en effet portée acquéreur du quartier de la Digue à St Nicolas de Redon. Le projet du Transformateur est aujourd'hui un espace d'expérimentation où une certaine activité socio-culturelle voit le jour.

 

Le site le la friche du Transformateur annonce ainsi :

 

> Atelier pédagogique de l'école d'architecture de Nantes

> Plantation d'une haie champêtre en lisière de la Grande Halle

> Racommodage de la dalle

> Création du jardin potager du Transformateur

> Fabrication de nichoirs à oiseaux

> épluchage festif de châtaignes

> Rangement créatif de la friche

> Restauration de parcelles enfrichées du marais par le pâturage

> Fabrication d'une enseigne de lettres

> Construction d'un ratelier industriel

> Fermeture de la machine à vapeur

> Plessage d'une haie

> Plantation d'un bois dans un hangar

> Transformation d'une maison en terrasse-belvédère

> Construction d'une digue pour limiter la montée des eaux de crue

 

Un projet novateur de cette envergure nécessiterait qu'une ambitieuse dynamique associative se crée à Issé. Evidemment, cela ne se décrète pas. L'Europe réserve des fonds pour ces projets via le programme Leader +.

 

Land Art industriel à St Nicolas de Redon. Crédit: les Amis du Transformateur

 

 

 

VIII. Contexte-Localisation

 

 

 

 

 

Localisation d'Issé en Loire-Atlantique, source : Wikipédia

 

 

Dans le Nord-Ouest de la Loire-Atlantique, à 10 kilomètres de Châteaubriant, Issé fait partie des 19 communes de la Communauté de Communes du Castelbriantais(CCC). Cette dernière détient la compétence économie et doit mettre en place à partir de 2011 le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale). La ville comptait au dernier recensement de 2007, 1815 habitants.

Issé est une commune rurale où 95 pour cent des terres sont encore agricoles, pourtant la vocation industrielle de la ville est ancienne. Au delà d'Atlas une autre industrie plus récente s'est implantée à Issé : la SARVAL, usine d'équarrissage.

 

 

 

Usine SARIA, 2007, crédits : la Mée Socialiste.

 

 

 

 

 

 

IX. Un site industriel ancien.

 

 

Laiterie-beurrerie Jouzel, années 30, collection particulière.

 

 

Origines.

 

Dès le 19ème siècle, une minoterie profite de l'emplacement actuel d'Atlas. En effet, le Don passe au beau milieu du bourg, à cent mètres de l'Eglise. La fabrication de farine bénéficiera donc de la force hydraulique de la rivière. Par la suite, la laiterie-beurrerie Jouzel prend le relais jusqu'en 1922. Le site sera baptisé Atlas avec l'arrivée des tanneries. On aura donc travaillé le cuir avant de se tourner vers le plastique pendant un demi siècle.

 

 

Cinquante ans de plasturgie.

 

 

Synthèse d'un entretien téléphonique avec Robert Couchourel, ancien ingénieur, habitant Issé.

 

Ce n'est qu'au début des années 1950 que la plasturgie fait son apparition avec l'extrusion de PVC pour notamment le gainage de câbles électriques, la fabrication de tuyaux d'arrosage. On fabriquera des films plastiques par laminage, des emballages alimentaires, etc. Pour l'essentiel, ce sont des produits semi-finis qui sont élaborés par l'entreprise, à destination d'autres industries.

 

Le groupe possédant l'usine Atlas était alors pionnier dans le domaine du PVC, sa technologie permit notamment l'essor d'usine de chaussures du Choletais voisin. Eram fût ainsi longtemps approvisionné en semelles en provenance d'Issé. Quo-Vadis basé à Nantes recevait également du plastique pour ses agendas.

 

De la maroquinerie à l'automobile en passant par l'ameublement, une grande quantité d'industries faisaient alors appel au savoir-faire d'Atlas.

 

 

Echantillon de toile plastifiée produite à Issé.

 

Jusque dans les années 80, les faibles salaires distribués en campagne furent un certain avantage comparatif pour l'entreprise, alors que de nouveaux concurrents émergeaient. De plus, les rejets de vapeurs et autres nuisances olfactives liées aux processus de fabrication rencontraient une moins forte opposition que dans les grandes agglomérations.

 

Des matériaux très spécifiques comme la toile pour des bateaux pneumatiques Zodiac®, ou des radeaux de survie étaient produit dans les années 80-90. Pourtant, la concurrence avec d'autres industries françaises et européennes ainsi que les transferts de technologie vers les pays du Sud entamèrent la compétitivité d'Atlas. Les Allemands inventeurs du fameux Skaï®  portèrent un coup sérieux aux marchés du groupe.

Par ailleurs au gré des fluctuations des prix du pétrole, élément de base de la plasturgie, et des effets de mode, des produits en cuir en provenance d'Amérique latine par exemple (type chaussures) devinrent plus attractifs que les productions locales.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

X. Un bref historique de la fermeture d'Atlas.

Sur le site de la Mée Socialiste. Châteaubriant.

 

(écrit le 4 août 2002)

ATLAS : 6 mois

 

La société de plastiques « Atlas » à Issé connaît aussi des difficultés puisqu’elle a été mise en redressement judiciaire le 24 juillet 2002, avec une période d’observation de 6 mois. L’année 2001 a été difficile avec une chute du chiffre d’affaires de quelque 40 % surtout après les attentats du 11 septembre aux USA (la société exporte notamment dans ce pays). Le début de l’année 2002 n’a pas répondu aux espoirs de reprise.

 

Dans l’immédiat il n’y a pas de perspective de licenciement, mais si le second semestre de 2002 n’est pas meilleur, il y aura des craintes sérieuses à avoir. « Nos perspectives pour 2003 sont bien meilleures » a cependant déclaré le directeur Jean-Yves Brochec à Ouest France.

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Ecrit le 6 août 2003 :

 

« La France ne connaît pas de désindustrialisation,

mais une modernisation de son industrie »,

estime dans une plaquette destinée au grand public, publiée mi-juillet,

le ministre délégué à l’industrie.

Qu’en termes choisis ces choses-là sont dites !

 

On nous dit que c’est la vieille industrie locale qui s’efface. Les salariés du territoire de la Communauté de Communes du Castelbriantais sont bien (mal !) placés pour le savoir.

ATLAS

 

L’usine Atlas à Issé, qui est en redressement judiciaire depuis le 24 juillet 2002, est sous la menace d’une liquidation, d’ici 4 mois, si le repreneur, qui s’est fait connaître à la dernière minute, n’est pas agréé par le Tribunal de Commerce. S’il est agréé, il ne gardera que 65 salariés sur les 88 personnes actuelles en poste (102 il y a un an et plus de 600 dans le passé). Situation bien sombre.

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Ecrit le 1er octobre 2003

 

ATLAS Issé

 

Les lettres de licenciement sont tombées le 24 septembre 2003 : 3 départs par « mesure d’âge » (sorte de pré-retraite) et 21 licenciements secs. Toute la région est touchée, Issé, Abbaretz, Châteaubriant, etc.

 

Il reste 66 salariés dans l’entreprise où règne une forte tension. Les salariés se demandent où va l’entreprise. Le stress, l’inquiétude, les rendent malades (comme chez Focast d’ailleurs).

 

Après deux sessions de redressement judiciaire, l’entreprise bénéficie d’une troisième session jusqu’au 24 novembre 2003. Il ne reste donc que peu de temps pour trouver un repreneur. Un appel à repreneur est paru dans Les Echos le 19 septembre. L’entreprise intéressée a jusqu’au 20 octobre pour se faire connaître.

 

Espérons encore ...

Après le retour des vacances, ATLAS note un frémissement dans ses commandes mais sait que ses fabrications de maroquinerie et vêtements se heurtent à la concurrence internationale.

 

Rappelons qu’en 1974 il y avait 608 salariés à l’usine Atlas à Issé. Il n’y en avait plus que 529 en 1975, puis 466 au début de 1977. Il y a eu alors 71 licenciements qui devaient être les derniers, promis juré. Mais en mai 1978, on parlait de 211 licenciements ! La dégringolade. A l’époque, le député Xavier Hunault était fort silencieux. A notre époque le député Michel Hunault est fort silencieux, lui qui, pourtant, aime bien faire des communiqués de presse. Mais peut-être ne s’intéresse-t-il pas à la situation sociale ....

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Ecrit le 19 novembre 2003 :

ATLAS : Deux mois encore

 

Le Tribunal de Commerce de Nantes s’est prononcé le 12 novembre 2003 au sujet de l’avenir de l’entreprise ATLAS à Issé. Compte tenu du chiffre d’affaires positif du mois d’octobre, et compte-tenu de deux lettres d’intention d’éventuels repreneurs, la période de redressement judiciaire est prolongée jusqu’au 24 janvier 2004.

 

Il reste 66 salariés dans cette entreprise, qui, dans le passé, en a compté 600.

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Ecrit le 28 janvier 2004 :

 

Atlas Issé : la période de redressement judiciaire est prolongée jusqu’au 18 février 2004. Un repreneur sérieux se serait manifesté. La charge de travail est convenable ces derniers mois.

 

 

Ecrit le 3 mars 2004 :

 

ATLAS-Issé a trouvé un repreneur

 

Bonne nouvelle pour l’usine Atlas à Issé : un repreneur a été trouvé en la personne de M. Jean-Pierre Dubois à qui les salariés, d’emblée, font confiance puisqu’il est comptable de formation et ancien client industriel de l’entreprise Atlas. Malheureusement le plan de reprise s’accompagne de huit licenciements, s’ajoutant aux 24 licenciements de septembre 2003. Il ne reste plus que 57 salariés là où l’entreprise en a connu, dans le passé, (juillet 1974), plus de 600.

 

La nouvelle direction a rencontré les salariés pour présenter son plan de reprise.

 

 

Ecrit le 5 octobre 2005 :

Atlas-Issé : encore

 

L’entreprise Atlas, à Issé, qui a été reprise en février 2004, avec 57 salariés (sur les 65 restants) est à nouveau en redressement judiciaire depuis le 28 septembre 2005. Elle a été très affectée par l’incendie de la chaudière alimentant l’usine (8 octobre 2004), par le ralentissement du marché automobile, et par la hausse du baril de pétrole qui se répercute sur le coût des plastiques.

 

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Ecrit le 7 décembre 2005 :

ATLAS- Issé encore 17 ?

 

Selon Ouest-France du 1er décembre, l’entreprise Atlas-Innovation (plasturgie) qui a déjà connu 23 licenciements en septembre 2003 et a fait l’objet d’une reprise, en mars 2004, qui est en redressement judiciaire depuis le 28 septembre 2005 a présenté un plan de licenciement de 17 salariés sur les 63 actuels.

 

Rappelons qu’en 1974 il y avait 608 salariés à l’usine Atlas à Issé.

 

Il n’y en avait plus que 529 en 1975, puis 466 au début de 1977. Il y a eu alors 71 licenciements qui devaient être les derniers, promis juré. Mais en mai 1978, on parlait de 211 licenciements ! La dégringolade s’est poursuivie. Maintenant 63 - 17 ?

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Ecrit le 13 septembre 2006

La fin : 45 licenciés

 

L’entreprise ATLAS (à Issé), après une longue agonie, a été liquidée par le Tribunal de Commerce le 6 septembre 2006. Malgré ses efforts de recherche et de développement, malgré le sérieux de ses salariés, l’entreprise a été victime de sa vétusté, de la hausse des prix du pétrole et d’une certaine crise dans l’automobile. Les 45 derniers salariés vont grossir les rangs des chômeurs. En 1974 l’entreprise comptait encore 608 salariés.

 

 

 

 

 

 

 

 

XI. Documents annexes

 

 

Vue aérienne de la commune d'Issé. La ceinture boisée entoure le site d'Atlas. Crédit : IGN

 

 

 

Issé dans les années 50. Le cercle localise la gare. source collection particulière.

 

Toutes les photographies qui ne sont pas créditées ont été réalisé par mes soins le 29 novembre 2010 sur la commune d'Issé.

 

 

Par Rousty
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